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Norvège : droite radicale en reconversion

Entre crainte de la récession et sentiment de culpabilité, le choc des attentats de 2011 et les débats qui en ont découlé ont mis le pays devant ses contradictions.

Le 22 juillet 2011 à 15h26, une bombe artisanale explosait au cœur du quartier des ministères, à Oslo. Aujourd’hui, un an après le double attentat, les traces de l’explosion sont toujours bien visibles.  Entouré par une palissade et gardé jour et nuit, le siège du gouvernement norvégien est devenu le sujet d’intenses controverses. Très endommagé et menaçant de s’écrouler, les débats sur son sort enflamment la presse : faut-il le détruire ou le conserver ?

Une polémique qui cristallise le débat général sur les conditions d’émergence d’une telle violence, et sur les enseignements à tirer, ou non, des attaques les plus meurtrières qu’ait connu le pays depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Trois décennies de violences politiques

Après le choc des attentats, de nombreuses voix se sont élevées dans les milieux de gauche pour rappeler que le pays avait déjà plus d’une fois été touché par des actes de violence politique.
L’un des premiers attentats à la bombe revendiqué par des militants d’extrême-droite remonte à 1977 et avait touché la librairie communiste Oktober de Tromsø (nord du pays). Deux ans plus tard, le néonazi Petter Kristian Kyvik lançait une bombe artisanale au beau milieu du rassemblement du 1er mai des partis et syndicats, faisant plusieurs blessés.

Durant les années 1980 ces organisations se sont peu à peu désintéressées des organisations de gauche pour concentrer leurs forces contre les symboles de l’immigration. Deux attentats à la bombe marqueront plus particulièrement cette décennie : celui de 1985 contre la mosquée d’Oslo – revendiqué par l’organisation néonazie Nasjonalt Folkeparti – et celui de 1986 contre l’office de l’immigration.

Cette vague de violence a connu son apogée en 2001, lorsque trois néonazis poignardent à mort Benjamin Hermansenun, jeune métisse de quinze ans. Un assassinat qui a profondément choqué la société norvégienne, provoquant une levée de boucliers générale contre les violences racistes.

Shoaib Sultan, spécialiste des mouvements d’extrême droite et chargé de mission pour l’Antirasistisk Senter de Norvège | Photo N.Rod

«La violence politique existe depuis des décennies en Norvège, comme elle existe dans le reste de l’Europe. Le problème, c’est que la plupart de ces actions a été considérées par la justice comme des actes isolés, explique Shoaib Sultan, spécialiste des mouvements d’extrême droite et chargé de mission à l’Antirasistisk Senter (Centre norvégien contre le Racisme).

Pourtant il s’agit de violences clairement idéologiques, commises par des individus appartenant à des partis d’extrême-droite ou néonazis. Du coup, même si ces organisations sont mises sous surveillance par la police, elles ont toujours pu continuer à exister tranquillement. »

Retrouvez la suite du reportage avec Médias norvégiens : la gueule de bois de l’après-22 juillet

2 commentaires pour “Norvège : droite radicale en reconversion” Laisser un commentaire ›

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